Ce qui constitue un système d’IA
L’article 3, point 1, définit le système d’IA comme un système automatisé, doté d’un certain niveau d’autonomie, qui déduit des entrées qu’il reçoit la manière de générer des sorties — prédictions, contenus, recommandations ou décisions — pouvant influencer des environnements physiques ou virtuels.
Le critère décisif est l’inférence. Un tableur aux formules figées ou une règle métier programmée ne déduisent rien ; un classifieur entraîné sur des données, un modèle de langage ou un moteur de recommandation, si. Dans les cas limites, il est utile de documenter pourquoi l’on a décidé qu’un outil entrait ou non dans la définition.
Fournisseur, déployeur et autres opérateurs
Le fournisseur est celui qui développe un système d’IA ou un modèle d’IA à usage général, ou le fait développer, et le met sur le marché ou en service sous son propre nom ou sa propre marque, à titre onéreux ou gratuit (art. 3, point 3). Le déployeur est celui qui utilise un système d’IA sous sa propre autorité, sauf dans le cadre d’une activité personnelle à caractère non professionnel (art. 3, point 4).
L’importateur, le distributeur et le mandataire complètent la chaîne ; tous ensemble sont des « opérateurs » (art. 3, point 8). La plupart des entreprises qui souscrivent un outil intégrant de l’IA sont des déployeurs, pas des fournisseurs, et leurs obligations sont bien plus circonscrites.
À qui il s’applique
Selon l’article 2, paragraphe 1, le règlement vise les fournisseurs qui mettent sur le marché dans l’Union, où qu’ils soient établis ; les déployeurs établis dans l’Union ; et les fournisseurs et déployeurs de pays tiers lorsque les sorties du système sont utilisées dans l’Union.
En sont exclus, entre autres, les systèmes développés uniquement à des fins de recherche scientifique (art. 2, par. 6), l’usage purement personnel (art. 2, par. 10) et la sécurité nationale (art. 2, par. 3).
Quand le déployeur devient fournisseur
L’article 25, paragraphe 1, fait d’un déployeur le fournisseur d’un système à haut risque lorsqu’il y appose son nom ou sa marque, le modifie substantiellement ou en change la destination de sorte qu’il devienne à haut risque. C’est le cas typique de l’entreprise qui adapte un outil générique pour trier des candidatures.
Depuis l’omnibus, le fournisseur initial cesse de l’être pour ce système précis, mais doit coopérer avec le nouveau : documentation technique suffisante, limites et modes de défaillance connus, et accès technique pour les essais, sauf s’il avait clairement indiqué que son système ne devait pas être transformé en système à haut risque (art. 25, par. 2).
Ce que demande habituellement l’auditeur
- Inventaire des outils utilisant de l’IA, avec fournisseur et finalité
- Rôle de l’entreprise identifié pour chacun : fournisseur ou déployeur
- Cas limites documentés avec le motif de la décision
- Changements de finalité ou de marque examinés avant leur mise en œuvre
Comment s’y prendre en pratique
- 1Dressez la liste des applications de l’entreprise et repérez celles qui génèrent des prédictions, contenus, recommandations ou décisions à partir de données.
- 2Notez pour chacune qui est le fournisseur, à quoi elle sert et quelles personnes sont concernées par ses résultats.
- 3Avant d’adapter un outil ou de l’utiliser à d’autres fins, vérifiez si cela fait de vous un fournisseur au sens de l’article 25.
L’inventaire des systèmes est le socle de tout le reste : sans lui, impossible de savoir quels chapitres du règlement vous concernent.
Voir des exemples d’IA intégrée aux processus de l’entreprise
D’où vient chaque donnée
Références au texte officiel en vigueur. Si une norme est révisée, cette page est mise à jour et la date de révision en témoigne.
- Règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle EUR-Lex · JO L 2024/1689 · 12 juillet 2024
- Règlement (UE) 2026/1744 (omnibus numérique sur l’IA) modifiant le règlement (UE) 2024/1689 EUR-Lex · JO L 2026/1744 · 24 juillet 2026
- Règlement (UE) 2024/1689, texte consolidé EUR-Lex · CELEX 02024R1689-20260727 · Version du 27 juillet 2026